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DOMINIQUE DUSSEAUX

Praticien Médecine Traditionnelle Chinoise
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La Médecine Chinoise

Mis à jour : 5 avril 2019

La médecine traditionnelle chinoise aujourd'hui


Médecine (traditionnelle) chinoise, 中 医 zhong yi, est le nom qui permet aux Chinois de différencier leur médecine de la médecine occidentale, 西 医 xi yi. Comme on s’en doute, le terme 中 医 zhong yi doit son existence à l’installation de la médecine occidentale en Chine.

Hua Tuo | 110 - 207 ap.JC

La médecine chinoise n’est chinoise que pour ceux qui ne sont pas chinois. Pas plus que nous n’appelons notre médecine, médecine occidentale ou européenne, ou française, mais simplement médecine, les Chinois n’ajoutaient « chinoise » à médecine. Tant que la médecine occidentale n’était pas présente en Chine, médecine se disait juste 医 Yi qui signifie à la fois médecine, médecin et soigner ou traiter une maladie. Cela peut paraître anecdotique, mais la pratique du binôme 中 医 zhong yi, 西 医 xi yi est lourd de conséquences.

En posant deux mots pour dire médecine on a introduit le doute et l’angoisse dans les gens. Avant, ils avaient une médecine et des manières familiales de se soigner; maintenant quel que soit le choix qu’ils fassent, ils ne sont pas sûrs que ce soit le bon; le fait même de nommer « médecine chinoise » plutôt que « médecine » fait perdre confiance ».

Et puis ce n’est pas tout. Depuis la fin du XIXe siècle, il y a en Chine, de vifs débats sur la médecine chinoise. Certains disent qu’elle est une « vieillerie féodale », d’autres qu’elle est l’essence même de la Chine, d’autres enfin qu’il faut que les deux médecines collaborent. Ces débats ont toujours été empreints de positions politiques et la reconnaissance de la médecine chinoise en Chine suit les aléas de la politique chinoise depuis la chute de l’Empire.


Le nouveau n’efface jamais l’ancien

La médecine chinoise n’est pas un corpus clos toujours répété, mais, bien au contraire, une médecine dynamique dans ses notions comme dans ses pratiques. Cependant, on ne peut comprendre ce dynamisme que si l’on garde en mémoire qu’en Chine, traditionnellement, le nouveau n’efface jamais l’ancien. La pensée médicale chinoise ne procède pas par effacement d’une position ancienne au profit d’une position nouvelle. Le nouveau ne supprime jamais l’ancien. L’idée même d’une novation en rupture avec le passé ne peut se penser. Le nouveau se dégage de l’ancien par le biais des commentaires et des contextualisations et le recouvre tout en restant structurellement lié à lui. Ainsi, si l’on constate d’une part plusieurs siècles de continuité, on constate en même temps plusieurs siècles de défrichements et de développements: la médecine chinoise est une médecine du commentaire adaptatif et innovant.


Un bruit qui court

Contrairement au bruit qui court depuis des lustres, la médecine chinoise ne repose pas sur un savoir fixé une fois pour toutes par les grands ancêtres dans des livres fondateurs et que l’on ne ferait qu’appliquer tout en se battant pour la bonne interprétation. La médecine chinoise n’est pas non plus une sagesse venue du fond des temps, un savoir ancestral, encore moins une médecine populaire. Elle n’est évidemment pas une médecine douce dans la mesure où toute médecine est invasive et pas une médecine naturelle car toute médecine est culturelle. Quant à être une médecine parallèle !

La médecine chinoise est, tout simplement, une médecine savante en constante évolution, en constante recherche, multipliant les écoles, les débats, les controverses parfois violentes, les courants, initiant de nouveaux savoirs et de nouvelles pratiques. La dynamique est au cœur du développement des savoirs et des pratiques de la médecine chinoise dite traditionnelle.


Médecine savante

La « médecine savante » est une notion consensuelle. On appelle médecine savante une médecine pratiquée par des professionnels formés et diplômés selon les critères d’une autorité institutionnelle, presque toujours d’Etat, qui fixe les modalités d’acquisition du savoir et de l’exercice médical. Dans la formation comme dans la pratique, une médecine savante s’appuie sur des textes écrits et légitimés. La médecine savante n’est donc pas la médecine des savants, mais une médecine légitimée par des programmes, un cursus et des diplômes d’Etat. En Chine, l’enseignement de la médecine devient officiel et donne lieu à un diplôme d’état vers 624 et le premier codex pharmaceutique, rédigé sur ordre du gouvernement impérial, par SuJing (assisté d’une équipe de médecins), le 新 修 本 草 (xinxiu bencao), paraît en 659. A partir de cette date les grands traités de médecine se succèdent. Ils formeront la base de l’enseignement et de la pratique de la médecine et de la pharmacie.


Médecine populaire

La notion de médecine populaire date du XIX siècle. Elle désignait, dans un premier temps ce qu’on appellerait aujourd’hui les comportements profanes en matière de santé et de maladie. Vers la fin du siècle, la notion se précise pour finir par ne désigner que les médecines traditionnelles et/ou régionales. A cette époque de scientisme militant, la médecine populaire devint vite synonyme de médecine irrationnelle, superstitieuse, sujet d’étude des folkloristes.

Aujourd’hui, les médecines dites populaires sont définies comme des médecines dont la légitimité est garantie par une reconnaissance collective et non pas une institution d’état, à la différence des médecines savantes. La plupart du temps, les médecines populaires sont liées à des systèmes de croyances qu’elles soient religieuses ou non. Bien sûr, il existe en Chine des médecines populaires qui correspondent à des bassins culturels précis.


Savoirs ordinaires

A côté de la médecine savante et des médecines populaires, il existe, dans toutes les cultures, des savoirs ordinaires concernant la santé et la maladie. Chaque famille, chaque sujet quelque soit la culture d’appartenance, développe de manière implicite ou explicite une tradition médicale propre faite de bribes de connaissances médicales savante, d’expérimentation personnelle ou familiale, de connaissances traditionnelles, de compétences et de pratiques personnelles. Médecine savante, médecine populaire, savoirs médicaux ordinaires ne sont pas pour autant des mondes indépendants les une des autres. Ce sont des univers en interactions permanentes dont les frontières sont à la fois poreuses et mouvantes.


article de François Lupu